⏱️ Lecture : 2 min
Le football sud-coréen traverse une crise institutionnelle majeure. À seulement quelques semaines du coup d’envoi de la Coupe d’Asie féminine (1er-21 mars en Australie), les joueuses de la sélection nationale menacent de boycotter la compétition. En cause : des discriminations persistantes et des conditions de traitement jugées indignes par rapport à leurs homologues masculins.

Un budget dix fois inférieur à celui des hommes
Le fossé entre l’équipe masculine et féminine ne se limite plus aux simples performances sportives, il est désormais chiffré. Selon un document interne de la KFA (Fédération sud-coréenne de football), le budget alloué aux joueuses en 2025 s’élève à 1,3 million de dollars.
Ce montant représente moins de 10 % de l’enveloppe dédiée à la sélection masculine. Cette disparité financière se traduit par des conditions de voyage et d’hébergement précaires, dénoncées avec force par les cadres de l’équipe.
Des conditions de déplacement « inadéquates » et archaïques
Les griefs formulés par les joueuses sont précis et mettent en lumière un manque de considération logistique frappant pour des athlètes de haut niveau :
- Logistique à la charge des joueuses : Certaines internationales affirment devoir payer elles-mêmes leurs tenues d’entraînement et leurs frais de correspondance.
- Voyages éprouvants : Contrairement aux hommes, les joueuses voyagent en classe économique sur de longues distances et effectuent de longs trajets en bus.
- Hébergement : Les logements lors des rassemblements ont été qualifiés d’« inadéquats » dans un communiqué officiel publié dès septembre dernier.
Ji So-yun : « Nous ne sommes pas traitées comme une équipe nationale »
La star de l’équipe, Ji So-yun, s’est faite la porte-parole de cette colère. La milieu de terrain a exprimé son sentiment de déclassement : « On a l’impression que les joueuses ne sont pas traitées comme des membres de l’équipe nationale ».
Face à cette menace de grève, la KFA a confirmé ce lundi être entrée en phase de négociations d’urgence. L’objectif est de trouver un accord avant le stage de préparation prévu mi-février. Si aucune avancée majeure n’est enregistrée, le boycott de la Coupe d’Asie en Australie semble inévitable, ce qui représenterait un séisme pour le football asiatique.