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L’affaire secoue le monde du football féminin. Eleni Rittmann, défenseuse suisse évoluant désormais à Évian, a brisé le silence dans les colonnes de L’Équipe après la condamnation d’un ancien dirigeant de son précédent club, le SCR Altach (Autriche). Ses propos mettent en lumière un traumatisme profond et une colère noire face à une justice qu’elle juge dérisoire.

Un système de voyeurisme occulte pendant trois ans
Le récit des faits est glaçant. Un homme de confiance, pilier du club autrichien et omniprésent au quotidien, espionnait l’intimité des joueuses.
- Le mode opératoire : L’individu filmait et photographiait les joueuses dans les vestiaires à travers la serrure de la porte.
- La durée : Les actes ont duré entre deux et trois ans avant d’être découverts.
- La preuve : La police a saisi l’ordinateur portable du coupable, sur lequel des dizaines de vidéos et photos ont été retrouvées.
Une condamnation jugée « dérisoire »
Lundi dernier, le tribunal a rendu son verdict. L’ancien dirigeant a été condamné à sept mois de prison avec sursis, assortis d’une amende de 1 200 euros et d’une indemnisation de 625 euros par victime. Une peine qui ne passe pas pour Eleni Rittmann.
« Il est libre de ses mouvements… Comme si ce n’était rien. Comment est-il possible de s’en tirer impunément ? » — Eleni Rittmann
La joueuse fustige également l’omerta qui règne dans le milieu : « Tout le monde dit aux victimes de se taire car ça nuit à l’image. Je m’en fiche […] tellement de filles avec qui j’ai joué ont peur de parler. »
Les séquelles d’un traumatisme invisible
Au-delà du procès, c’est le quotidien de l’athlète qui a été bouleversé. Rittmann confie vivre avec une paranoïa constante qui affecte son métier et sa vie privée.
- La perte de sécurité : Elle affirme ne plus se sentir à l’aise dans les vestiaires ou les toilettes publiques.
- L’hyper-vigilance : « Je regarde toujours autour de moi pour voir s’il y a une caméra ou quelque chose du genre. »
Analyse : Le football féminin face à ses démons
Cette affaire intervient dans un contexte global de libération de la parole dans le sport, mais souligne la fragilité des structures du football féminin. Le sentiment d’abandon ressenti par les joueuses d’Altach pose la question de la responsabilité des clubs dans la protection de l’intégrité physique et morale de leurs athlètes.
Pensez-vous que les fédérations internationales devraient imposer des suspensions de licence à vie pour tout dirigeant impliqué dans des affaires de mœurs, indépendamment des décisions de justice civile ?