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Le plateau de Rothen s’enflamme s’est transformé en arène ce vendredi 20 mars 2026. Hicham Aït Manna, président du Wydad Casablanca, est venu défendre la légitimité du titre marocain face à un Jérôme Rothen très critique sur le déroulement de la finale du 18 janvier dernier. Entre respect du règlement et éthique sportive, le débat a révélé des fractures profondes.

« Respecter le football » vs « Erreur des joueurs »
Le nœud de la polémique réside dans ces 90 minutes de chaos à Rabat. Après l’annulation d’un but sénégalais et un penalty accordé au Maroc, les Lions de la Teranga avaient quitté le terrain avant de revenir le terminer (défaite 1-0 sur le terrain, transformée en 3-0 sur tapis vert cette semaine).
- L’argument du Maroc : Pour Hicham Aït Manna, les Lions de l’Atlas ont été exemplaires. « Les Marocains ont respecté le football, respecté l’arbitre… La faute revient aux officiels de la CAF, pas aux joueurs », a-t-il martelé, justifiant l’application stricte des articles 82 et 84 du règlement (forfait en cas d’abandon).
- La charge de Rothen : Jérôme Rothen n’a pas épargné les vainqueurs : « L’erreur vient des officiels mais aussi des joueurs marocains qui ont accepté que les Sénégalais reviennent. Ils auraient dû faire une réclamation sur le moment. » Pour l’animateur, cette reprise du jeu après l’interruption a créé un flou juridique qui invalide le tapis vert a posteriori.
L’ombre de la finale de 2019 : L’arroseur arrosé ?
Le débat a pris une tournure ironique lorsque le précédent du Wydad Casablanca en 2019 a été mis sur la table. À l’époque, le club d’Aït Manna avait lui aussi quitté la pelouse en finale de Ligue des champions de la CAF (contre l’Espérance Tunis) pour protester contre un but refusé.
Le paradoxe : En 2019, le Wydad avait été déclaré perdant pour avoir abandonné le match. Aujourd’hui, son président défend une sentence identique appliquée au Sénégal, alors même que les Sénégalais, eux, étaient revenus finir la rencontre.
Analyse comparative : Les deux finales de la discorde
| Critères | Finale Ligue des Champions 2019 | Finale CAN 2025 |
| Action litigieuse | But refusé au Wydad | But refusé au Sénégal / Penalty Maroc |
| Réaction | Sortie du terrain (Wydad) | Sortie du terrain (Sénégal) |
| Reprise | Non (Match arrêté après 1h30) | Oui (Match terminé jusqu’au bout) |
| Verdict final | Espérance Tunis vainqueur | Maroc vainqueur (Tapis vert 2 mois après) |
Le TAS, seul juge de paix
Face à l’incapacité des acteurs à s’entendre, tous les regards se tournent désormais vers Lausanne. Le Sénégal a saisi le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) pour contester cette réattribution du trophée.
Le président du Wydad a conclu son intervention par une question rhétorique qui a fait grand bruit : « Et si c’était la France… est-ce qu’on contesterait autant l’application du règlement ? ». Une manière de renvoyer dos à dos les critiques européennes et les instances africaines.
Selon vous, le fait que le match soit allé à son terme après l’interruption rend-il le tapis vert de la CAF juridiquement infondé ?