Brésil : À la rencontre d’Enzo Zidane, l’enfant de Macapá qui porte le nom de son bourreau

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Dans un pays où l’état civil est un terrain de jeu pour parents passionnés, le nom de famille « Zidane » est devenu un prénom à part entière. On recense 711 Brésiliens nommés ainsi. Parmi eux, Enzo Zidane Sales Reis, 21 ans, incarne ce paradoxe brésilien : une admiration sans bornes pour celui qui a pourtant brisé le cœur de tout un peuple en 1998.


Le « Zidane de l’Amazonie »

À Macapá, petite ville située sur les rives de l’Amazone, tout le monde connaît « Zidane ». Ce n’est pas le futur sélectionneur des Bleus, mais un jeune homme qui fêtera ses 21 ans le 31 mars prochain.

  • Une vengeance paternelle : Son père, Everton, ancien pro et actuel directeur sportif d’Ypiranga, ne s’était jamais remis du doublé de Zizou en finale du Mondial 1998. « Je voulais que mon fils nous venge et nous rende un jour la Coupe du Monde », confie-t-il.
  • Le hasard du prénom : S’il s’appelle Enzo, comme le fils aîné du Français, ce n’est qu’une coïncidence. Sa mère aimait le prénom d’une célébrité de l’époque, et le père a accepté à condition d’y accoler « Zidane ».
  • Le respect du nom : Malgré le traumatisme de 98 et de 2006, le nom ne porte aucun stigmate. « Personne ne m’a jamais charrié. Au contraire, tout le monde le respecte ici », explique le jeune homme.

La roulette et les Predator, mais pas le destin

Enzo Zidane Sales Reis a tout fait pour ressembler à son illustre homonyme, poussant le mimétisme jusque dans les moindres détails :

  1. Le matériel : Il a longtemps porté des Adidas Predator, les chaussures fétiches de ZZ.
  2. Le numéro : Il a choisi le 21, celui de Zidane lors de ses années à la Juventus.
  3. Le geste : Il a passé des heures sur YouTube pour maîtriser la roulette, un geste que les Brésiliens appellent eux-mêmes « la roulette à la Zidane ».

Malgré huit mois passés au centre de formation de Goiás, le talent n’a pas suffi à percer le plafond du professionnalisme. Désormais papa d’une petite fille, il a rangé ses rêves de « vengeur du Mondial » au vestiaire.


Le « Hall of Fame » de l’état civil brésilien (Source : IBGE)

Prénom inspiré du footNombre de Brésiliens
Neymar2 443
Zidane711
Messi363
Ronaldinho187
Kaká121

Analyse : Le foot, religion laïque du Brésil

Le reportage d’Eric Frosio souligne une fois de plus que pour les Brésiliens, le football dépasse les frontières du sport pour entrer dans l’intimité des familles. Donner le nom de son « ennemi » à son fils n’est pas un acte de trahison, mais un hommage à la grandeur. Et la dynastie des noms légendaires ne s’arrête pas là chez les Sales Reis : le petit frère d’Enzo Zidane, lui aussi considéré comme un grand espoir, s’appelle… Eric Van Basten.

Trouvez-vous que donner le nom d’une légende du football à un enfant est un bel hommage ou une pression trop lourde à porter pour un futur sportif ?


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