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C’est un séisme qui secoue le football féminin français ce lundi 6 avril 2026. Malgré une superbe 5e place en Première Ligue, la section féminine du Dijon FCO (DFCO) est menacée de disparition du haut niveau. Entre vente avortée et gouffre financier, l’avenir des joueuses bourguignonnes s’inscrit en pointillés.

Un projet de rachat au point mort
En vente depuis un an et demi, la section féminine pensait avoir trouvé son salut auprès de Sphera Partners. Mais le fonds d’investissement, déjà connu pour sa tentative infructueuse de rachat des Girondines de Bordeaux, n’a pas réussi à réunir les fonds nécessaires.
- Négociations à l’arrêt : Les discussions avec Sphera Partners sont officiellement bloquées.
- Déficit abyssal : Le club a révélé que la seule section féminine affiche un déficit de 1,5 million d’euros pour la saison 2025-2026.
- Le spectre du National : Avec une équipe masculine elle-même en difficulté financière en National, le club bourguignon doit « repenser son modèle » de toute urgence.
Les joueuses poussées vers la sortie ?
La situation est telle que la direction a déjà pris les devants concernant l’effectif professionnel.
- Liberté de départ : Selon les informations recueillies, les joueuses auraient été informées qu’elles sont libres de chercher un nouveau club pour la saison prochaine.
- Relégation administrative possible : Faute de repreneur, le DFCO pourrait renoncer à l’élite pour repartir à un niveau amateur, plus « local et pérenne ».
- Incertitude totale : « Aucune garantie ne peut être donnée quant au niveau de compétition pour la saison prochaine », a précisé le club dans un communiqué.
Le centre de formation dans le collimateur
C’est un autre coup dur pour l’institution : l’agrément du centre de formation féminin est sur la sellette.
- Diplômes retoqués : Le DFCO n’a pas pu toucher l’aide annuelle de 200 000 € de la Ligue (LFFP). En cause ? Les diplômes de Guillaume Serra, directeur du centre, n’ont pas été validés par la FFF.
- Fermeture envisagée : Le club pourrait renoncer purement et simplement à son agrément pour réduire les coûts, tout en conservant des catégories jeunes à vocation locale.
Le paradoxe sportif du DFCO Féminin
| Saison | Classement / Résultat | État de santé |
| 2024-2025 | 4e (Play-offs) | Sportif : Excellent |
| 2025-2026 | 5e de Première Ligue | Financier : Critique |
| Déficit | 1 500 000 € | Menace de dépôt de bilan |
Analyse : Le modèle de la Première Ligue à l’épreuve
Le cas de Dijon est le symptôme d’un mal plus profond : l’effondrement des droits TV sur lesquels reposait le développement du football féminin professionnel. Voir le 5e du championnat, demi-finaliste des play-offs l’an dernier, risquer de disparaître faute de 1,5 million d’euros pose une question cruciale sur la viabilité de la Première Ligue. Pour les joueuses, le coup est terrible : passer de la lutte pour l’Europe à l’incertitude du chômage en quelques semaines. Si aucun des deux « repreneurs potentiels » évoqués par le club ne concrétise son offre rapidement, c’est un bastion du football féminin qui s’effondrera cet été.
Pensez-vous que la Fédération et la Ligue doivent intervenir financièrement pour sauver les clubs « historiques » du football féminin victimes de la crise des droits TV ?