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Battu 5-0 par le PSG en finale de la Ligue des champions, l’Inter Milan aurait pu sombrer durablement. Sept mois plus tard, les Nerazzurri sont pourtant leaders de Serie A et semblent avoir digéré l’un des plus lourds revers de leur histoire européenne. À la manœuvre : Cristian Chivu, entraîneur presque novice au plus haut niveau, mais déjà auteur d’un redressement spectaculaire.

Un changement de ton plus qu’une révolution
Nommé dans l’urgence début juin après le départ soudain de Simone Inzaghi, Chivu ne disposait que d’une expérience limitée : une mission maintien à Parme et plusieurs années à la tête des équipes de jeunes de l’Inter. Mais là où son prédécesseur incarnait une communication rigide et très contrôlée, le Roumain a immédiatement imposé une approche plus humaine et apaisée.
Surtout, Chivu a fait un choix fort : ne pas utiliser la finale perdue contre le PSG comme levier de motivation.
« On en parle ici, mais là-bas on n’en parle pas », a-t-il expliqué, refusant de replonger ses joueurs dans un traumatisme encore vif. Un parti pris assumé, destiné à protéger un groupe déjà marqué.
Une continuité tactique, mais des ajustements ciblés
Sur le plan du jeu, Chivu a conservé le 3-5-2, socle des succès récents du club. Dix des onze titulaires de la finale de Munich sont toujours présents, seul Benjamin Pavard ayant quitté le navire, efficacement remplacé par Manuel Akanji.
La différence se situe ailleurs : une meilleure gestion des hommes. Chivu a progressivement effectué des passages de témoin, intégrant davantage Yann Bisseck, Piotr Zielinski ou encore Luis Henrique, brillant en l’absence de Denzel Dumfries, blessé depuis deux mois. Devant, la rotation apportée par Pio Esposito et Ange-Yoan Bonny permet enfin au duo Thuram–Lautaro Martinez de souffler.
Un leadership basé sur la responsabilité
Là où Inzaghi cherchait la perfection collective, Chivu mise davantage sur les individualités et la responsabilisation.
« Ils ont accepté la vérité », résume l’entraîneur, soulignant la maturité d’un groupe qui a cessé de chercher des excuses.
Résultat : à mi-saison, l’Inter affiche le même rythme que l’an dernier, devançant pourtant des techniciens chevronnés comme Conte, Allegri, Gasperini ou Spalletti.
Un rebond crédible et durable
Encore en phase d’apprentissage, Cristian Chivu incarne un contre-modèle dans une Serie A dominée par les entraîneurs d’expérience. Mais sa gestion du traumatisme européen, son intelligence humaine et ses choix mesurés ont permis à l’Inter de se relever sans se renier.
De quoi nourrir de nouvelles ambitions… et refermer, enfin, la plaie parisienne.