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Visage marqué et ton solennel, Habib Beye s’est présenté en conférence de presse après l’élimination de l’Olympique de Marseille par Toulouse (2-2, 3-4 t.a.b.). Conscient de l’immense attente des supporters pour ce qui représentait la seule chance de titre du club, le technicien sénégalais n’a pas cherché d’excuses, pointant du doigt les carences criantes de son équipe.
Le constat d’échec : « On ne peut pas prendre deux buts à chaque match »
Habib Beye a analysé avec lucidité les lacunes tactiques qui ont conduit à cette désillusion. Il regrette que ses joueurs n’aient pas su répondre au défi physique et technique imposé par les Violets.
- La faillite sur phases arrêtées : « On n’a pas été assez performants dans ces détails. » Toulouse a marqué ses deux buts sur corner, une zone de vulnérabilité identifiée mais non résolue.
- Le manque de combat : « Il a pu nous manquer des choses dans le combat pour éviter de prendre des buts. »
- La fragilité collective : Beye refuse d’incriminer ses défenseurs seuls, parlant d’une problématique globale qui « n’existe pas d’aujourd’hui ».
La défense de ses tireurs : Pas de « loterie » mais de la technique
Alors que certains évoquent la malchance des tirs au but, Beye a tenu à recadrer le débat tout en protégeant ses joueurs, notamment le jeune Ethan Nwaneri et le capitaine Balerdi.
« On a parlé de loterie, mais les tirs au but sont avant tout un geste technique. […] Je ne juge jamais un joueur qui rate un tir au but car il faut avoir la responsabilité d’y aller. »
Le défi mental : Évacuer pour ne pas sombrer
Avec ce record de double élimination de la Coupe la même saison (une fois avec Rennes, une fois avec l’OM), Habib Beye sait que son crédit s’amenuise. Sa priorité est désormais de remobiliser un groupe moralement touché.
- Gérer l’émotion : « Il faut accepter la colère, la tristesse, ne pas la remettre en question. »
- L’urgence du championnat : Il reste dix matchs cruciaux pour accrocher une place européenne.
- La revanche immédiate : L’OM retrouve ce même Toulouse dès samedi au Stadium. « On va encore être ciblés dans trois jours. Mon job sera de redonner l’énergie à ce groupe dès demain. »
Analyse : Le temps presse pour Beye
L’entraîneur marseillais se retrouve déjà face à un mur. S’il demande d’accepter la colère des supporters, il sait aussi qu’elle ne s’apaisera qu’avec des résultats. Avec deux défaites en trois matchs, le « choc psychologique » attendu après le départ de De Zerbi tarde à se matérialiser. Samedi, face à des Toulousains qui auront l’avantage psychologique, Habib Beye jouera déjà une partie de sa sérénité pour la fin de saison.
Habib Beye parviendra-t-il à insuffler la « culture du combat » qui a cruellement manqué à l’OM ce mercredi, ou l’équipe est-elle mentalement trop fragile pour rebondir en 72 heures ?