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Ce mercredi 1er avril 2026, l’Italie se réveille avec la gueule de bois la plus douloureuse de son histoire centenaire. Après le camouflet de Zenica et l’élimination aux tirs au but face à la Bosnie (1-1, 1-4 t.a.b.), les quotidiens sportifs et généralistes de la Botte ne mâchent pas leurs mots. Pour un pays quadruple champion du monde, manquer trois phases finales consécutives n’est plus une anomalie, c’est un arrêt de mort sportif.

« Une crise structurelle » et un « échec de système »
Pour le Corriere dello Sport, le mal est bien plus profond qu’une simple séance de tirs au but manquée ou qu’une expulsion prématurée d’Alessandro Bastoni.
- L’humiliation du format à 48 : Ivan Zazzaroni, directeur du journal, pointe l’absurdité de l’échec dans un Mondial élargi : « Ne pas participer à un tournoi ouvert à 48 nations est même humiliant. La qualification était devenue une question de dignité nationale. »
- Un système à bout de souffle : Le quotidien dénonce une « crise structurelle » plutôt qu’un accident de parcours, fustigeant une formation qui ne produit plus de talents capables de hausser le ton dans les moments critiques.
Le procès des cadres et de la Fédération
À Turin, Tuttosport se montre particulièrement incisif, n’hésitant pas à cibler nommément les joueurs de l’Inter Milan, jugés responsables du naufrage collectif.
- Les coupables désignés : Alessandro Bastoni (expulsé à la 41e), Federico Dimarco et le jeune Pio Esposito sont les cibles privilégiées des critiques pour leur manque de leadership à Zenica.
- La charge contre la FIGC : Le journal dénonce une « tragédie sportive née et construite en dehors du terrain », pointant la responsabilité directe des dirigeants de la Fédération Italienne de Football.
- Le slogan de la honte : « Tutti a casa ! » (Tous à la maison !) barre la une, rappelant cruellement les échecs de 2017 et 2022.
« L’absence même de projet »
La Gazzetta dello Sport exprime une forme de stupeur résignée : « Nous avons du mal à y croire, nous ne voulons pas y croire, même si, désormais, nous devrions être préparés. » De son côté, La Repubblica utilise une métaphore musicale pour décrire l’errance de la sélection de Gennaro Gattuso.
« C’est un déclin impressionnant, avec des chefs d’orchestre désorientés et des musiciens dépassés. Ce n’est pas l’échec d’un projet : c’est l’absence même de projet. » — La Repubblica
Italie : La chronologie de la déchéance
| Année | Compétition | Stade de l’élimination | Bourreau |
| 2017 | Mondial 2018 | Barrage (Retour) | Suède (0-0) |
| 2022 | Mondial 2022 | Barrage (Demi-finale) | Macédoine du Nord (0-1) |
| 2026 | Mondial 2026 | Barrage (Finale) | Bosnie-Herzégovine (1-1, 1-4 t.a.b.) |
Analyse : Le football italien au pied du mur
Cette troisième absence consécutive marque la fin d’une époque. L’Italie est passée du toit de l’Europe en 2021 à un néant mondial qui durera, au bas mot, 12 ans (2014-2026). Si la presse réclame des têtes, c’est tout le modèle économique et sportif de la Serie A — souvent critiquée pour son manque de place accordée aux jeunes locaux — qui est aujourd’hui remis en question. À quelques semaines du coup d’envoi du Mondial américain, l’Italie est un géant aux pieds d’argile qui doit tout reconstruire, des instances dirigeantes jusqu’à l’identité de son jeu.
Selon vous, le maintien de Gennaro Gattuso à la tête de la sélection est-il encore envisageable après un tel désastre médiatique et sportif ?