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Le « Sorcier Blanc », figure historique du football africain, ne décolère pas. Suite à l’annonce du sacre du Maroc sur tapis vert au détriment du Sénégal, Claude Le Roy a livré un réquisitoire cinglant contre la gouvernance de la CAF et l’influence de la FIFA. Pour lui, ce titre administratif est le résultat de « magouilles » politiques.

Une dénonciation de la « tambouille » électorale
Interrogé sur la chaîne L’Équipe, l’ancien sélectionneur du Sénégal et du Cameroun n’a pas utilisé de pincettes pour décrire les coulisses de cette décision.
- Le timing en question : Pour Le Roy, annoncer un vainqueur deux mois après la finale est une aberration. « Je ne pouvais pas penser une seule seconde que la CAF allait pouvoir aller aussi loin dans le grand-guignolesque », a-t-il fustigé.
- L’ombre de la politique : En pleine période électorale au sein des instances, il dénonce des manœuvres de coulisses. « Derrière tout ça, il y a eu plein de magouilles, plein de tambouille. »
- Un déni de mérite sportif : S’il reconnaît la superbe compétition du Maroc, il rappelle que sur la finale, « c’est le Sénégal qui avait été meilleur ».
Le Roy vs Infantino : « Le Trump du football africain »
L’une des attaques les plus virulentes de Claude Le Roy concerne le président de la FIFA, Gianni Infantino, qu’il accuse d’ingérence totale dans les affaires du continent noir.
- Ingérence flagrante : Selon Le Roy, Infantino dirige la CAF par procuration via Patrice Motsepe, qu’il qualifie de « vassal ».
- Deux poids, deux mesures : L’ancien coach souligne une anomalie démocratique : « Est-ce qu’on peut imaginer Infantino diriger une finale de l’Euro au détriment du président de l’UEFA ? Non. En Afrique, il se permet tout. »
- L’image du continent : Il déplore une décision qui décrédibilise le football africain aux yeux du monde : « Ça va faire rire toute la planète du football. »
Samir Nasri rejoint la fronde
Sur le plateau de Canal+, Samir Nasri a partagé ce sentiment d’absurdité, pointant lui aussi l’incohérence du calendrier.
« La prochaine fois, il faut mieux le faire en 2035. Les Sénégalais sont rentrés chez eux avec la Coupe, ils ont fait la fête. On fait quoi maintenant ? Hakimi doit faire un défilé pour célébrer cette victoire ? » — Samir Nasri
Les 3 accusations majeures de Claude Le Roy
| Accusation | Cible | Argument |
| « Grand-guignolesque » | La CAF | Timing de 2 mois jugé ridicule pour appliquer un règlement. |
| « Vassalisation » | Patrice Motsepe | Soupçon de direction dictée par les intérêts de la FIFA. |
| « Magouilles » | Les instances | Lien direct entre le verdict et les enjeux électoraux en cours. |
Analyse : Un séisme qui ne fait que commencer
Le discours de Claude Le Roy reflète le sentiment d’une grande partie des observateurs du football africain : au-delà du règlement (articles 82 et 84), c’est la probité des institutions qui est attaquée. En liant ce sacre à des enjeux électoraux et à l’influence de la FIFA, Le Roy transforme une affaire disciplinaire en scandale d’État. Comme il le prédit, « le Sénégal rentrera dans ses droits » car le dossier semble désormais destiné à être tranché par le Tribunal Arbitral du Sport (TAS), loin de la « tambouille » dénoncée.
Le cri du cœur de Claude Le Roy peut-il pousser le Sénégal à une action encore plus radicale devant les instances internationales ?