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Un nouveau séisme secoue le football féminin européen. Après l’affaire Eleni Rittmann en Autriche, c’est en Tchéquie que la colère gronde. Ce mardi, la FIFPRO (le syndicat mondial des joueurs) a apporté son soutien officiel aux joueuses du FC Slovácko (D1 tchèque). Elles dénoncent la clémence de la justice envers leur ancien entraîneur, Petr Vlachovský, qui les a filmées à leur insu dans l’intimité des vestiaires pendant quatre ans.

Quatre ans d’espionnage et des contenus pédopornographiques
Le dossier, révélé par le média Seznam Zprávy, expose un système de voyeurisme pervers et durable mis en place par l’ancien technicien.
- Le mode opératoire : Vlachovský dissimulait une mini-caméra dans un sac à dos déposé dans le vestiaire des joueuses.
- Les victimes : 14 joueuses ont été identifiées sur les vidéos. La plus jeune n’avait que 17 ans au moment des faits.
- Circonstance aggravante : Lors des perquisitions, les enquêteurs ont également découvert du matériel pédopornographique en possession de l’entraîneur.
Une condamnation jugée « dérisoire » par les victimes
Condamné en mai 2025, Petr Vlachovský a écopé d’une peine que les joueuses et la FIFPRO jugent insuffisante pour garantir la sécurité du sport :
- Une peine de prison avec sursis.
- Une interdiction d’entraîner de 5 ans, limitée au territoire tchèque.
Le danger : En l’état, rien n’empêche contractuellement Vlachovský de s’engager avec un club à l’étranger dès demain. Les joueuses réclament une interdiction d’exercer à vie et à l’échelle mondiale.
Le traumatisme : « Des filles vomissaient de dégoût »
Les témoignages des joueuses décrivent des séquelles psychologiques lourdes, similaires à celles rapportées dans d’autres affaires de voyeurisme dans le sport.
- Alena Pecková (ex-joueuse) : « Une alarme se déclenchait dans ma tête… j’éprouvais un certain dégoût de mon propre corps. »
- Kristýna Janků (ex-joueuse) : Elle rapporte que certaines coéquipières souffraient d’insomnies chroniques et de crises de vomissements liées au stress et au sentiment de violation de leur intimité.
Analyse : La FIFPRO veut faire jurisprudence
Pour Marketa Vochoska Haindlová, présidente du syndicat tchèque (CAFH), cette médiatisation est une étape cruciale pour briser l’omerta. La FIFPRO pousse les instances internationales (FIFA, UEFA) à durcir les règlements disciplinaires afin que les prédateurs sexuels soient définitivement bannis des bancs de touche, sans possibilité de contourner les sanctions en changeant de pays.
Ce cas, qui fait écho à celui de l’entraîneur d’Altach en Autriche, souligne-t-il une faille systémique dans la protection des joueuses de football à travers l’Europe ?