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À 29 ans, Thomas Robinet vit sans doute l’une des périodes les plus abouties de sa carrière. Recruté par l’USL Dunkerque à l’été 2025, l’avant-centre s’est imposé comme l’un des attaquants les plus décisifs de Ligue 2, empilant les buts et incarnant le renouveau sportif d’un club en pleine dynamique. Plus qu’une simple réussite statistique, Robinet symbolise le retour en grâce d’un joueur complet, longtemps sous-estimé, aujourd’hui pleinement épanoui.

Une adaptation express dans le Nord
L’intégration de Thomas Robinet à Dunkerque a été immédiate. En seulement trois mois, l’attaquant a trouvé ses marques dans un collectif huilé, porté par une série impressionnante de résultats : 7 victoires et 2 nuls en Ligue 2 sur la période.
Les chiffres parlent pour lui : 11 buts toutes compétitions confondues, dont 8 en 9 matches de championnat et 3 en Coupe de France. Des performances qui font de lui le deuxième meilleur buteur de Ligue 2, mais aussi un élément central du projet dunkerquois.
« Même dans le jeu, je prends beaucoup de plaisir. Le coach inclut beaucoup l’attaquant dans ses cheminements. J’ai de la liberté, je peux décrocher et attaquer la profondeur », explique Robinet.
Un attaquant moderne, au service du collectif
Si Thomas Robinet marque autant, ce n’est pas uniquement grâce à son sens du but. L’attaquant se distingue par une palette très complète : jeu dos au but, appels intelligents, pressing constant et participation défensive.
Son ancien coéquipier à Sochaux, Mickaël Alphonse, résume parfaitement son profil :
« Il comprend vite les qualités des autres. Il était déjà très fin techniquement, très adroit devant le but, et il n’avait pas peur de défendre. Avoir toute cette palette, c’est monstrueux. »
Un constat confirmé par les statistiques avancées : Robinet est numéro 1 de Ligue 2 au +/-, preuve de son impact global sur les performances de son équipe lorsqu’il est sur le terrain.
Des racines solides et une trajectoire sinueuse
Formé au FC Sochaux-Montbéliard, Thomas Robinet s’était révélé très tôt, jusqu’à porter le brassard de capitaine lors de la finale de la Coupe Gambardella 2015, remportée face à Lyon (2-0). Buteur ce jour-là, il devançait déjà un certain Marcus Thuram.
Pourtant, sa carrière ne suivra pas un chemin rectiligne. Entre 2019 et 2023, il connaît le National, passant par Villefranche, Laval, Châteauroux et Nancy. Une période de travail de l’ombre, loin des projecteurs, mais déterminante dans sa construction mentale.
Le tournant néerlandais, un choix décisif
À l’été 2023, Robinet tente le pari de l’étranger en rejoignant Almere City, en Eredivisie. Deux saisons qui vont profondément le transformer.
« Ça m’a beaucoup changé en tant que joueur. Je reviens avec plus de maturité. Partir à l’étranger a été un gros plus pour moi », confie-t-il.
Après une première saison réussie en pointe (11 buts en 33 matches), il est repositionné plus bas l’année suivante, promu capitaine, et apprend à voir le jeu différemment. Une expérience formatrice, même si elle freine ses statistiques.
« J’ai été à la place des mecs qui font les passes derrière. Ça m’a aidé », glisse-t-il avec le sourire.
Un leader naturel à Dunkerque
À Dunkerque, Robinet a retrouvé son poste de prédilection… mais avec une lecture du jeu enrichie. Son volume de jeu, son sens du sacrifice et son leadership font de lui un cadre naturel du vestiaire.
Son ancien coéquipier néerlandais Théo Barbet ne tarit pas d’éloges :
« C’est un très gros travailleur, un joueur d’équipe, qui presse pendant 90 minutes. S’il continue comme ça, il a tout pour finir meilleur buteur du championnat. »
Dunkerque, le cadre idéal pour exploser
En quête d’un successeur à Gaëtan Courtet, l’USL Dunkerque a trouvé bien plus qu’un simple remplaçant. Robinet est devenu le visage offensif du projet, porté par un public qui l’a immédiatement adopté — notamment grâce à sa célébration bras ouverts, clin d’œil assumé à Pauleta.
Dans un championnat exigeant, où la constance est rare, Thomas Robinet incarne aujourd’hui la réussite par la patience, le travail et la remise en question.
Et maintenant ?
À ce rythme, l’objectif personnel du joueur se confond avec celui de son club : viser le haut du tableau et, pourquoi pas, rêver d’une montée. Une chose est sûre : Thomas Robinet n’est plus seulement un bon buteur de Ligue 2, il est devenu un joueur référent, respecté et redouté.
Et à Dunkerque, personne ne s’en plaindra.