Ligue 1 : Éric Roy pousse un coup de gueule contre l’arbitrage et le VAR, symbole d’un football qu’il ne reconnaît plus

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Après la défaite du Stade Brestois face à Toulouse (0-2), Éric Roy n’a pas élevé la voix. Il a fait pire : il a livré un constat froid, amer et profondément critique sur l’évolution du football moderne. Arbitrage, VAR, gestion du temps, intensité du jeu… Pour l’entraîneur brestois, le problème dépasse largement un simple match perdu. C’est tout un système qui, selon lui, dénature le jeu.

Un football haché, sans rythme, sans continuité

Derrière son calme apparent, Éric Roy laisse transparaître une véritable lassitude. Ce qui l’agace avant tout, ce n’est pas une décision isolée, mais l’accumulation de micro-fautes, d’arrêts de jeu et de pertes de temps qui empêchent toute dynamique collective.

« Si on compte le temps effectif de la deuxième période, on a dû jouer 25 minutes. Et après, on n’a que cinq minutes d’arrêts de jeu… »

Pour Roy, certaines équipes savent parfaitement exploiter ce cadre : ralentir, provoquer, casser le rythme. Brest, qui cherche à revenir au score, se heurte à des adversaires « matures », capables de verrouiller un match sans réellement jouer.


Le VAR, juge froid d’un football décontextualisé

L’ancien international pointe surtout la place centrale prise par la vidéo, devenue selon lui une grille de lecture trop rigide. Désormais, l’image prime sur l’intention, et l’action est disséquée sans tenir compte du contexte de jeu.

« Comme on voit tout sur les images, il n’y a plus la notion d’intensité, plus la notion de juger l’action dans sa globalité. »

L’exemple de Daouda Guindo, sanctionné après un contact involontaire, cristallise cette frustration. Pour Roy, le geste n’a plus de sens une fois sorti de sa dynamique naturelle.


“À mon époque, on en écrasait des pieds” : le choc des générations

La phrase a marqué. Elle résume à elle seule le fossé entre deux époques du football. Roy ne nie pas les progrès en matière de protection des joueurs, mais il dénonce une dramatisation systématique des contacts.

« Tu écrases le pied d’un mec, tu as l’impression qu’il a été amputé. À mon époque, on en écrasait des pieds. »

Selon lui, plus un joueur crie, plus il a de chances d’obtenir gain de cause. Une logique qui encourage la théâtralisation et dévalorise l’engagement physique, pourtant constitutif du football.


Un arbitrage sous pression permanente

Roy ne vise pas directement les arbitres, mais il souligne leur difficulté à arbitrer sereinement dans un environnement ultra-scruté. Chaque décision est disséquée, ralentie, commentée.

Résultat : la prudence l’emporte sur le bon sens, et le jeu perd en fluidité.

« On regarde une image et on se dit “waouh”, mais on joue au football quand même… »


Le football “5.0”, trop aseptisé pour vibrer

Dans une dernière formule lourde de sens, Éric Roy résume son malaise :

« Ce ne sont que des fautes, des fautes, des fautes… C’est catastrophique. C’est du football 5.0. »

Un football ultra-réglementé, hyper-contrôlé, où le rythme, l’instinct et l’intensité semblent sacrifiés sur l’autel de la sécurité et de la technologie.


Un malaise partagé bien au-delà de Brest

Le discours de Roy résonne bien au-delà du Finistère. Beaucoup d’entraîneurs, de joueurs et de supporters partagent ce sentiment : le football moderne gagne en précision ce qu’il perd en émotion.

Sans appeler à un retour en arrière, Éric Roy pose une question centrale :
jusqu’où peut-on réglementer un sport sans en altérer l’essence ?

Un débat de fond, loin d’être clos.


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