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Le séisme de Zenica a fait tomber la première tête. Suite à l’élimination de l’Italie par la Bosnie, Gennaro Gattuso s’apprête à quitter son poste de sélectionneur. Dans un contexte de crise institutionnelle marquée par la démission du président de la Fédération, Gabriele Gravina, le portrait-robot du futur coach des Azzurri dessine trois stratégies bien distinctes.

1. La tentation du « Retour vers le futur »
Pour stabiliser un groupe traumatisé, la Fédération pourrait être tentée de rappeler des techniciens ayant déjà prouvé leur capacité à faire briller la sélection.
- Antonio Conte (56 ans) : Actuellement au Napoli, il semble lassé par le rythme quotidien des clubs. Son passage entre 2014 et 2016 reste une référence tactique (Euro 2016). Son exigence et sa grinta sont vues comme le remède idéal à la léthargie actuelle.
- Roberto Mancini (61 ans) : L’architecte du sacre de l’Euro 2021 a déjà proposé ses services. Si son départ pour l’Arabie Saoudite en 2023 avait laissé un goût amer, la démission de Gravina pourrait lever les obstacles politiques à son retour.
2. Les cadors de Serie A : L’option du long terme
Si la FIGC décide de miser sur un bâtisseur, deux noms se détachent, bien que leurs situations contractuelles soient complexes.
- Max Allegri (58 ans) : De retour à l’AC Milan, il est en froid avec sa direction. Son pragmatisme et sa gestion des individualités plaisent énormément. Il est perçu comme l’homme capable de redonner de la confiance technique à un réservoir de joueurs en plein doute.
- Simone Inzaghi (49 ans) : Le fantasme absolu. Double finaliste de la C1 avec l’Inter, il exerce aujourd’hui à Al-Hilal avec un salaire pharaonique (26 M€/an). Le débaucher relèverait du miracle financier, mais son profil tactique est le plus moderne d’Italie.
3. La révolution étrangère : Un tabou sur le point de tomber ?
Cinquante ans après Helenio Herrera, l’idée de confier les clés de la maison à un technicien non-italien n’est plus exclue par la presse transalpine.
- Pep Guardiola (55 ans) : Cité par la Gazzetta dello Sport, le Catalan connaît bien l’Italie (ex-Brescia et Roma). Son arrivée serait un signal mondial, mais son coût et ses engagements en club restent des freins majeurs.
- José Mourinho : Suggéré par Ignazio La Russa (Président du Sénat), le « Special One », actuellement au Benfica, possède ce charisme capable de protéger les joueurs de la pression médiatique étouffante.
- Didier Deschamps : Le nom du sélectionneur français circule déjà pour l’après-Mondial 2026. Son passé à la Juve (joueur et coach) et sa culture de la gagne en font un candidat naturel pour un cycle de reconstruction.
Tableau comparatif des candidats potentiels
| Profil | Nom | Situation actuelle | Atout majeur |
| Le Meneur d’hommes | Antonio Conte | Naples | Rigueur tactique et discipline |
| Le Pragmatique | Max Allegri | AC Milan | Gestion du stress et expérience |
| Le Revenant | Roberto Mancini | Al-Sadd | Connaît parfaitement la maison |
| L’Étranger | Pep Guardiola | Man. City | Révolutionner le jeu italien |
Analyse : Un intérim avant le grand saut ?
Avec les élections fédérales prévues le 22 juin prochain, il est fort probable que l’Italie nomme un intérimaire pour les matchs amicaux de juin. Ce délai est crucial : il permettra au nouveau président de la FIGC de négocier sereinement avec un entraîneur de classe mondiale. L’enjeu est immense : l’Italie ne peut pas se permettre d’échouer dans sa reconstruction alors qu’elle s’apprête à vivre 12 années consécutives sans disputer la moindre minute de Coupe du Monde.
Selon vous, l’Italie doit-elle confier les clés à un « général » comme Conte pour restaurer la discipline, ou oser la rupture totale avec un coach étranger comme Guardiola ?